Festival en Chanson de Petite Vallée
Edition 2018 - 36ème édition


Le village de Grande-Vallée où se trouve le chapiteau Quebecor

Les chansonneurs de la Destination Chanson Fleuve
Adélys, Maxime Auguste, Jeanne Côté, Marion Cousineau, Alicia Deschenes, Nicolas Gémus, Pierre-Hervé Goulet et Émilie Landry.  


Le grand sourire communicateur d'Alan Côté, grand manitou de l'événement!

Le Festival de Petite-Vallée fête ses 36 ans avec l'énergie de ses vingt ans! On ne peut que saluer le travail acharné des habitants de ce village gaspésien qui résiste encore et encore au éléments que sont l'eau et le feu. Fondé il y a presque quatre décennies pour transcender la perte de pêcheurs de la région, le festival se remet à peine du feu qui a ravagé son centre névralgique qu'était la Vieille Forge et voilà que l'auberge qui a servi de gite à tant d'artistes devient elle aussi la proie des flammes, un mois à peine avant le lever de rideau de cette édition de feu!

On a amplement parlé des élans de solidarité venus de partout au Québec, même d'Europe, pour participer à la reconstruction d'une nouveau bâtiment qui redonnera à la pointe ses airs de jeunesse, mais qu'en est-il des bénévoles et des organisateurs qui se doivent se relever les manches de plus en plus jusqu'au point où il n'y a plus de manche du tout, ou même de la population locale qui pourrait marcher sur les talons de la fatalité?  A mon humble avis, ils sont en train de relever le défi avec tellement de brio que cette édition sera historique. L'accueil familial que je ressens chez les gens et les commerces, l'organisation qui tourne comme une machine bien huilée, l'offre de spectacles qui atteint un sommet de diversité et de qualité, on sent que le plaisir est renouvelé et que l'air de la Gaspésie du nord n'a jamais senti aussi bon ! Merci pour cet accueil et place aux spectacles!

Samedi le 30 juin
Damien Robitaille et Yann Perreau
Damien Robitaille
Damien Robitaille, énergique et charmeur!

En ce 30 juin, Damien Robitaille fête son anniversaire et c'est Alan Côté, grand manitou de l'événement, qui vient lui chanter Gens du pays avec l'aide du public qui ne se gêne pas pour célébrer l'un des artistes favoris du Festival. Entouré de musiciens aguerris, Damien nous offre ensuite une prestation fort énergique qui met de l'avant certains de ses plus grands succès comme Sortie de secours (avec une chorégraphie qu'il prend le temps d'enseigner au public), On est nés nus, Homme autonome, etc. On le sent plus rock, plus appuyé, ce qui plait grandement à la foule et a votre humble serviteur. Sur plusieurs des chansons, le public chante en cœur avec l'artiste qui leur rend la politesse avec Plein d'amour à donner, un sentiment réciproque s'il en est un! Petit conseil de Damien, notez vos idées, on ne sait jamais quand on pourrait en faire une chanson.

En deuxième partie de ce plateau double, Yann Perreau monte sur scène après un bain de foule, sous des jeux de lumière impressionnants et dans l'euphorie la plus totale. Lui aussi enchaine des titres pleins d'énergie, sans aucun doute le mot d'ordre de cette soirée qui nous montre ces deux artistes sous un jour nouveau. Après une vingtaine d'années de carrière en solo, Yann a su relever le défi de la diversité et de la continuité sans oublier la maturité musicale. Il fait bon entendre ses classiques comme Beau comme on s'aime, Le bruit des bottes, culminant avec le ver d'oreille J'aime les oiseaux sur lequel personne ne peut rester assis. Deux grands artistes qui allument la foule à ce point, c'est mémorable!


Damien Robitaille
Damien Robitaille
Yann Perreau
Yann Perreau en grande forme!
Yann Perreau
Yann Perreau

Dimanche le 1er juillet
Quartom, Émile Proulx-Cloutier et Jean-Pierre Ferland
Quartom
Quartom a fait résonner les murs de l'Église de Grande Vallée!

Premier arrêt de la journée, le groupe vocal Quartom nous donne rendez-vous dans l'église du village. La magie de leurs interprétations fait mouche et le public est toute ouïe. Entre classiques de l'opéra, chants du monde et chants d'ici, ils touchent l'émotion et savent parfaitement doser leurs interventions humoristiques pour dérider la foule entre les pièces plus sérieuses. Notons leur interprétation de Ginette (Beau Dommage), d'Un beau soir d'hiver (Claude Léveillée), de Rigoletto (Verdi), de Attends moé ti-gars (Félix Leclerc), de Madeleine (Jacques Brel), ainsi que quelques chansons des Beatles dont Yesterday, traduit mot a mot, moment bien charmant! Aucune amplification, l'acoustique de l'endroit permettant aux voix magnifiques de nos quatre comparses de se propager sans modération. En résumé, une prestation originale pour un événement qui met normalement l'emphase sur les auteurs compositeurs, mais un moment de bonheur dont les gens parlent encore durant le reste de la journée, au point où les membres du groupe ont du se rendre aux pressions de leurs admirateurs lors du souper dans un restaurant du village et plus tard au chapiteau de la Vieille Forge (avec Mélissa Bédard), en poussant la chanson sur demande.

Deuxième arrêt, un autre enfant chéri de Petite-Vallée, l'ex chansonneur Émile Proulx-Cloutier qui revient à la maison, sur les traces de son passage fort apprécié en 2012. Il nous confie que sa présence au Festival de cette année-là lui avait confirmé qu'il devait faire plus de place à la musique dans la suite de sa carrière. Ce retour sur le site de la vieille Forge est chargé d'émotion mais le public a vite fait de le mettre à l'aise. Une prestation à l'ambiance feutrée où l'artiste, le musicien, le philosophe et le poète se sont relancés pour faire vivre les mots de l'auteur. Moment fort pour moi, la reprise de la chanson Mommy Daddy de Marc Gélinas mais en référence aux membres des premières nations qui ont vécu la perte de leur langue aux mains de nos ancêtres.

Finalement, c'est le grand Jean-Pierre Ferland qui montait sur la scène du chapiteau Quebecor en milieu de soirée, accompagné de ses musiciens (dont deux de Belle et Bum) et de ses choristes Julie-Anne Saumur et Mélissa Bédard. Selon mon souvenir, c'est la première visite de Monsieur Ferland au festival et on l'attendait avec impatience. Avec ses 84 ans bien sonnés et un répertoire qui s'étend sur 6 décennies, ce n'est pas le matériel qui manque ! Chansons d'amour (T'es belle, Quand on aime on a toujours 20 ans, Une chance qu'on ç'a) et de route (La route 11), chansons d'espoir (Un peu plus haut) et de nostalgie (Le chat du café des artistes), des pièces qui ont meublé notre enfance, notre adolescence et notre vie d'adultes et qui aujourd'hui nous rappellent que le bonheur il est ici, maintenant! Comme le dit si bien l'ami JC, chaque chanson a son histoire et il les chante avec son cœur. Autre moment fort de la journée, Jean-Pierre qui chante Un peu plus haut avec Mélissa et Julie-Anne comme il l'avait fait avec Ginette Reno et Céline Dion il y a quelques années sur les Plaines à Québec. Moment d'anthologie!

Émile Proulx-Cloutier
Émile Proulx-Cloutier, poète et philosophe!
Émile Proulx-Cloutier
Jean-Pierre Ferland
Jean-Pierre Ferland, le bonheur est là!
Julie-Anne Saumur et Jean-Pierre Ferland
Jean-Pierre Ferland
Mélissa Bédard et Jean-Pierre Ferland
Mélissa Bédard, Julie-Anne Saumur et Jean-Pierre Ferland

Lundi le 2 juillet
Guillaume Arsenault et l'hommage aux passeurs
Guillaume Arsenault
L'auteur et poète Guillaume Arsenault

Poète résilient et résistant, Guillaume Arsenault fait carrière en Gaspésie, pays de ses origines, et il aime particulièrement en vanter les mérites. Avec ses chansons sur les montagnes et les vallées, la mer et le large, il nous offre un spectacle multi sensoriel accompagné du trompettiste émérite Charles Imbault et d'un ami musicien gaspésien, spécialiste du dobro et du banjo, Éric Dion. C'est sur la scène du camp chanson, autour d'un feu de camp virtuel et d'un paysage de valises en montagnes (littéralement) que Guillaume nous offre sa poésie à fleur de peau et à fleur de mots. Ce spécialiste des bruitages et du bidouillage utilise des sons originaux pour épauler ses textes, telles des musiques de films qui enrobent une histoire avec des soubresauts d'émotions oniriques et palpables.

Parmi les nombreux moments forts de cette prestation, notons cette chanson qui nous rappelle la musique d'Ennio Morricone avec des frissons de trompette ou ce pseudo-rap qui rend hommage aux "mots" avec l'aide d'une dactylo savamment utilisée par Guillaume. Parfois avec des parfums de chanson française, parfois avec un petit côté country, les pièces se chevauchent et s'entrecroisent, les montagnes servant d'inspiration dans les conversations outre-mer. C'est justement suite à l'un de ses conversations avec un ami européen que Guillaume a composé Dors comme une montagne qui reprend diverses expressions gaspésiennes dans le but des les enraciner dans la mémoire collective.

Avec chaleur et émotions, Guillaume nous quitte avec la chanson Cowboy qui ferme les livres sur un rythme juste assez country pour qu'on en redemande. Un bien bel après-midi!

 
Guillaume Arsenault et Charles Imbault
Guillaume Arsenault et Charles Imbault
Guillaume Arsenault
Guillaume Arsenault, Charles Imbault et Eric Dion

L'hommage aux passeurs Marie-Pier Arthur et Louis-Jean Cormier
Alan Côté
C'est parti pour 4 heures de chansons et d'anecdotes, quand un coin de pays fête les siens!

Dans une ambiance de camaraderie et de fête, les gens de Petite Vallée et de la région gaspésienne sont venus en grand nombre pour faire hommage aux passeurs de cette 36ème édition, Marie-Pierre Arthur et Louis-Jean Cormier. On aurait dit une fête de famille à la maison Lebreux à laquelle le public était invité, moments privilégiés pour nous gens de l'extérieur permettant de bien saisir l'esprit de ce village peuplé d'irréductibles chansonneurs. La soirée était animée par Blaise, beau-frère de Louis-Jean et Marie-Frédérique Fournier, la grande sœur de Marie-Pierre.


Les animateurs étaient Blaise, beau-frère de Louis-Jean, et Marie-Frédérique Fournier, la grande sœur de Marie-Pierre. Beaucoup de souvenirs à partager!

La chorale des ainés du village, appuyée par les Charbonniers de l'Enfer, chante La Chasse Galerie

Marie-Pierre et Louis-Jean fort attentifs

Les mamans de Marie-Pierre et de Louis-Jean avaient plein d'anecdotes savoureux à nous partager

Les enfants de Louis-Jean et de sa sœur, accompagnés de Mathilde Côté et Dan Lebreux
Au menu: Le Petit Bonheur

Raphaël Pépin Tanguay, un habitué du festival depuis l'âge de 2 ans, nous offre Le vrai bonheur de Karkwa

Les cousines du Clan Fournier chantent Montagnes russes de Louis-Jean
Avec Sabrina Fournier, Justine Fournier et Elyse Arsenault

Le trio de la baie des chaleurs en direct du Shed à Léon de Richmond
Magnifique chanson: Le vent m'appelle par mon prénom de Marie-Pierre
Avec Geneviève Lalande, St.Mars et Marie-Lou Brière Berthelot

Les chanteurs du village entonnent Si tu savais... de l'album Aux alentours de Marie-Pierre

Philippe Garon interprète Coup d'éclat en rap échevelé!

Une première vague de quatre chansonneurs reprennent Un refrain trop long de Louis-Jean

Jipé Dalpé reprend Comme avant (Marie-Pierre) de savante façon

Les enfants adolescents de Joël Lebreux nous font Tête première de Louis-Jean Cormier

Manuel Gasse met fin à la première partie avec une création au titre de "A",
pour souligner la fascination de Louis-Jean pour cette lettre de l'alphabet!

Une partie du "house band", avec Manuel Gasse, Jean-Sébastien "Tibasse" Fournier et Lana Carbonneau.
Ils nous confirment que "Ici on chante" faisant honneur à l'émission télévisée du même nom.

Deuxième vague de chansonneurs pour Rien à faire de Marie-Pierre Arthur

Le quatuor vocal Quartom accompagné des représentantes féminines de la vallée!
ils nous lancent La seule question de Louis-Jean

Les adolescentes nous offrent une savoureuse interprétation de Cacher l'hiver une chanson de Marie-Pierre

Stéphanie Boulay, accompagnée de Mathilde Côté, chante Entre nous de Marie-Pierre

Une habituée du festival, Gaële est venue nous interpréter une nouvelle création dédiée à Marie-Pierre.

Martin Léon reprend un texte de Gaston Miron, tiré de 12 hommes rapaillés

Hubert Cotton chante Le cœur en téflon de Louis-Jean Cormier

François Lafontaine offre Déposer les armes à sa bienaimée Marie-Pierre

Les ados de Jessie chantent Pyromane de Karkwa

La grande famille Fournier nous fait revivre les influences musicales de Marie-Pierre "Pout" Fournier,
de Roch Voisine à Mario Pelchat

Finalement, les passeurs eux-mêmes se rendent un hommage mutuel. Ici, Marie-Pierre en compagnie de Martin Léon...

... et ici Louis-Jean en solo qui chante une chanson de Daniel Lavoie pour Marie-Pierre

Une bien belle soirée!

Mardi le 3 juillet
Les Charbonniers de l'Enfer

Ils sont cinq et partagent la scène depuis 25 ans. Justement sur ce point, ils viennent tout juste de lancer un album compilation de leur longue carrière, intitulé 25 ans de grande noirceur, célébrant ainsi leur 5e grade tournée. Animés d'une grande camaraderie et forts de l'appui d'un public qui les suit depuis le début, ils soulignent l'absence de Jean-Claude Mirandette, retenu à St Émilie pour des raison de santé, remplacé pour l'occasion par
Bernard Simard. Les autres membres originaux que sont Michel Bordeleau, Michel Faubert, André Marchand et Normand Miron ont toujours bon pied bon œil et enchainent chanson après chanson, la foule réagissant beaucoup aux rythmes des chansons, frappant des mains et tapant du pied.
 
Un de leurs plus grands souvenirs étant La sacrée rencontre avec Gilles Vigneault, une tournée qui a duré 3 ans et pendant laquelle ils se sont beaucoup amusés des anecdotes de monsieur Vigneault. Ils y chantaient à cappella des chansons de Gilles et ils nous ont chanté La Petite Toune datant de 1967. Ensuite, un potpourri de des chansons pour les peuples minoritaires, québécois, innu, franco-manitobain et même breton avec, entre autres, une chanson de Daniel Lavoie intitulée Jours de plaine.

Dans la foule, des gens de tous les âges ont apprécié leurs interprétations de chansons plus contemporaines qu’ils ont adaptées, notamment des pièces de Félix Leclerc et Dédé Fortin avec La comète. Il est surprenant de voir des jeunes chanter les vieilles chansons du folklore par cœur, mais on est à Petite-Vallée... Au final, ils remercient le festival de faire de la place à la chanson traditionnelle et francophone!


Pour finir une journée axée sur la musique traditionnelle, quoi de mieux qu'un bain de danse traditionnelle sous le chapiteau.
Petits et grands s'en sont donnés à cœur joie il va sans dire!

 
 
 
Textes et photos: Michel Parent
avec la collaboration de Jacqueline Joachim