Reportage
Les Mardis du Sarajevo - Soirée chansons
Mardi le 16 novembre 2004

Annie Bujo - Chants de Bataille

Le Coup de Coeur Francophone est terminé officiellement depuis dimanche dernier et pourtant j'en ai vécu tout un (coup de coeur) ce soir en entendant la magnifique voix d'Annie Bujo. Depuis plusieurs mois déjà, elle participe aux soirées du Sarajevo, accompagnant le poète chanteur Louis Royer, tout en présentant son propre tour de chant en première partie.

C'est avec l'aide de Vincent Collard à la guitare et au piano qu'elle s'exécute devant nous, sans artifice, seul son talent d'auteur compositrice interprète pour nous faire vivre ce moment privilégié. De ses propres chansons, elle nous offre La femme rouge, Sans gouvernail, Étoiles de souffre (musique de Victor Frapp), Désastre ordinaire (musique de Gilbert Gélinas), Mirage (texte de Normand Leduc), Élévation (texte de Beaudelaire), la magnifique Touche-moi, L'aube, Vivre vieux et finalement, la pièce titre de son spectacle, Chant de bataille.

Chacune des chansons d'Annie se veut un moment de grâce, de beauté et d'émotion porté par la couleur et le timbre unique de sa voix de soprano. Elle m'a tout de suite fait penser à l'acadienne Isabelle Roy dont j'ai régulièrement vanté les talents vocaux sur ce site.

Pour compléter son tour de chant, Annie a ajouté quelques chansons d'autres artistes dont elle apprécie les mots et l'émotion, Concordanciel du regretté Gilbert Langevin, une superbe interprétation à cappella de Natak (Richard Desjardins), une facette un peu plus jazzée avec la reprise de Au fur et à mesure (créée par Liane Foly) et, finalement, un brin de théâtralité sur Salem de Gilbert Gélinas.

Louis Royer - Prisonniers de la voie lactée

Après une courte intermission, c'est au tour du poète, auteur, compositeur et interprète Louis Royer de prendre place. Accompagné du violon de Marie-Hélène Dion et de la voix d'Annie Bujo. Il nous fait découvrir son univers à travers 5 tableaux de 5 chansons chacun.

Les sujets des différents tableaux vont du sombre au plus sombre, traitant des travers de la société (Prisonniers de la voie lactée, Le son de la radio), de ce pays à faire mais qu'on s'attarde malheureusement trop souvent à défaire (Le pays dont je me souviens, Le pays qui jamais ne sera), l'état du monde, l'amour, la violence, etc...

Vers la fin de sa prestation, Louis tangue tout de même vers un côté moins sombre (La dame blanche, Ta fleur, Les quatre saisons de son âme, La voix du vent, Petite chanson Zen, Le pays des arbres bleus et L'amour), histoire d'ajouter de la couleur à ce tableau qui comporte déjà beaucoup de noir et blanc.

Les textes de Louis sont souvent directs tout en restant poétiques, les mots bien choisis, parfois mêmes sarcastiques. Même quand le fond du sujet est sérieux, il arrive à en parler avec humour pour mieux faire passer le message.

La voix d'Annie appuie bien celle de Louis et le cinéaste Guy Bergeron les a déjà comparés au tandem de Gilles Vigneault et Pauline Julien. Chose certaine, même si ce sont de bien gros souliers à chausser, on peut noter une certaine similitude dans le propos et la forme des chansons de Louis avec celles de M. Vigneault, et toujours ce même espoir du pays à venir.

Une découverte à faire, tous les troisièmes mardis du mois, au Café Sarajevo, la magnifique voix et la très belle présence d'Annie Bujo, jumelée avec l'oeuvre profondément humaine de Louis Royer.

Marie-Hélène Dion (violon), Louis Royer, Vincent Collard (guitare,piano) et Annie Bujo

Reportage
Les Mardis du Sarajevo - Soirée chansons
Mardi le 30 novembre 2004


Annie Bujo, une voix et une présence hors du commun !
Puisqu'il s'agissait du cinquième mardi du mois, le Sarajevo et le maître de cérémonie Louis Royer avaient donné rendez-vous à une pléiade d'artistes très différents pour venir meubler cette soirée chansons de couleurs et de diversité. Démarrant avec la magnifique voix d'Annie Bujo s'exécutant à cappella, nous avons droit à Ici et là (de Louis Royer) et Natak (de Richard Desjardins), un moment magique.

Vient ensuite le poète Francis Halin qui a mis en musique l'un de ses textes (Grosse bise d'étincelle d'amour) ainsi que des poèmes de René Char et Gaston Miron (Séquence). Chaleureusement applaudi après son interprétation colorée de Miron, il cède sa place à Mimi Côté pour quelques chansons de son crû, l'une très émouvante sur l'immigration (Edita), les deux autres intitulées Mots fragiles et Black Bay.

Après que la moitié des Castors Célestes, soit Thierry Fortuit, nous ait fait le cadeau de deux de ses compositions, Outre Atlantique et J'ai tout oublié, sa douce moitié (Sylvie Royer) est venue compléter le duo pour quatre chansons, soit Légende Andalouse, Latounedupitoupidlapitoune, Not char et Envouèye ça par icitt. Sylvie a ensuite entonné L'Hymne à l'amour avec l'aide de Madeleine Royer (sans lien de parenté).

Myriam Fournier, aidée d'Audrey Soutières nous a ensuite offert sa Chanson sur l'argent, suivie de Potion d'amour et d'une savoureuse interprétation de la Ballade des Dalton. Certains de ses textes sont de Caroline Mayne qui était aussi sur place.

Pour ajouter une touche d'ambiance à la Plume Latraverse, Jean-François Poupart, assisté de son copain Starbuck et de Danny Plourde nous ont lancé (c'est le cas de la dire) Le Noël des campeurs, J'accuse et Les anglaises me font débander. Il fallait entendre notre français de Thierry tenter d'expliquer à deux jolies clientes anglophones le sens de cette dernière chanson...

Pour terminer cette session de découvertes, arrive Amélie Di Foster avec ses chansons teintées d'ambiances théâtrales, Le buffet sarcastique, le Chat de tartare et la sensuelle Désir soupir. Amélie donne une forte interprétation de ses chansons et m'a beaucoup impressionné ce soir. Elle sera au Quai des Brumes le 13 décembre prochain, à ne pas manquer !

Félicitations à Louis Royer et à tous les participants pour cette soirée haute en couleurs !
La poésie de Francis Halin Le textes intimistes de Mimi Côté
La douce folie des Castors Célestes
Thierry Fortuit et Sylvie Royer
Sylvie et Madeleine Royer pour
L'Hymne à l'amour d'Edith Piaf
Myriam Fournier et une savoureuse
interprétation de La Ballade des Dalton
Jean-François Poupart et Danny Plourde
Jean-François Poupart et Starbuck Shawn Cotton

Amélie Di Foster, des textes créatifs et des ambiances théâtrales


Michel Parent