Les Éphémères


Reportage - Samedi le 17 décembre 2005
Les Éphémères au Petit Cabaret


Geneviève-Ariane Morissette en pleine possession de ses moyens

Depuis quelques mois, Anny Lemire et un groupe d'allumés de la chanson se sont donnés comme mandat d'unir leurs forces afin de présenter des spectacles de qualité, regroupant plusieurs jeunes artistes de la scène montréalaise. En leur permettant de se regrouper et de produire leurs propres spectacles, Les Éphémères permettent à ces artistes non seulement de monter sur la scène pour présenter leur matériel, mais aussi de prendre en main tout le côté de la production, vente de billets, location de salle, publicité, etc. Bien entendu, l'organisation leur donne un coup de main sur tous ces aspects mais l'élément principal est de donner aux artistes le sentiment qu'ils peuvent avoir un impact sur leur propre carrière. Une très belle initiative à appuyer pour un public à la recherche de quelque chose de différent.

Emma St-Denis
Ce soir, quatre femmes se relayaient sur scène pour cette dernière soirée avant Noël. On comptait donc sur Emma St-Denis, Josianne Paradis, Geneviève-Ariane Morissette et Anyèl. Toutes sont auteures, compositrices et interprètes, toutes ont leur propre bagage musical, ce qui les rend uniques auprès du public et aux yeux du chroniqueur.

Emma commence la soirée, artiste engagée, elle dénonce les inégalités, la violence et le profit à tout prix. Non seulement par ses chansons et les thèmes qu'elle y aborde, mais aussi par son implication et sa perméabilité aux iniquités sociales. Entre autres, elle participe au commerce équitable qui permet aux agriculteurs d'obtenir un juste prix pour leurs produits. Lors de ses spectacles, elle fait même la vente de café équitable.

Pour lui faire suite, c'est au tour de Josianne Paradis, finissante 2004-2005 de l'école nationale de la chanson de Granby. Accompagnée de son band de Ben (Benoît Paradis et Benoît Coulombe), elle-même au piano électrique, elle nous interprète ses magnifiques chansons qui mêlent ses expériences de vie et sa recherche personnelle du bonheur. Comme à chaque fois où je l'ai entendue, j'ai été séduit par ses compositions musicales, ses mots justes et sa personnalité agréable. Parmi les chansons interprétées ce soir, Tampopo est encore une de mes favorites , tout comme Ces yeux-là et Pas de problème.

En troisième lieu, Geneviève-Ariane monte sur scène avec ses trois musiciens pour une prestation étourdissante et très musicale. Geneviève cherche toujours le juste équilibre entre le texte et la musique pour faire en sorte que les chansons soient à la fois intelligentes et rythmées. A ce titre, la mini-suite de Sollicitation sexuelle en version full band, suivie d'une chanson d'amour toute simple au piano fit mouche et démontre bien la dualité entre le commerce sexuel et les sentiments. En plus de nous interpréter une magistrale version de J'ai 12 ans, popularisée par Diane Dufresne dans les années 70, elle a terminé sa prestation par un rappel improvisé, une sorte de jam où tous les musiciens s'en sont donnés à coeur joie.

Finalement, c'est à l'organisatrice principale des Éphémères qu'est revenue la tâche de terminer cette soirée toute en émotions. Anyèl semble toute jeune, toute menue, 110 livres avec les cheveux mouillés comme elle le dit elle-même, pourtant elle n'a pas froid aux yeux dans le combat qu'elle mène pour faire épanouir le talent de tous ces créateurs de chansons. Parmi les pièces qu'elle a interprétées pour nous ce soir, j'ai retenu 30 ans (incroyable de penser qu'elle les aura bientôt), J'appelle à la guerre et Femme soldat (elle mène justement un valeureux combat pour les ACI).
Josianne Paradis et son band de Ben
Geneviève-Ariane Morissette en pleine action

Anyèl, une fonceuse à qui il est difficile de résister


Michel Parent