Reportage - Mario Chenart au Petit Medley
Mardi le 19 octobre 2004


Après 7 années d'absence sur disque, histoire de faire deux bébés et de franchir le cap de la quarantaine sereinement, Mario nous est revenu en 2004 avec un excellent album intitulé J'ai pas dit mon premier mot. Il nous offrait donc ce soir la première d'une série de spectacles mettant en valeur les pièces de cet album ainsi que quelques extraits de ses albums précédents.

Toujours aussi adroit à la guitare, Mario s'est entouré d'amis musiciens dont Jean-François Gagné à la batterie, Sylvain Audet à la basse et Charles Imbeault à la trompette. Par moments Mario agit seul avec son instrument dont il arrive à tirer des sons inimaginables, pensez-y, avec sa main gauche pour façonner les accords et une fourchette dans la main droite, il arrive à jouer de la guitare et des percussions à la fois.

La dextérité de Mario, combinée avec la profondeur de ses textes et la richesse de ses arrangements, résulte en un spectacle qui passe beaucoup trop vite. Démarrant avec Chacun son rôle, tirée de son plus récent album, et La clé du temps perdu, tirée du précédent (Boucler le siècle), il nous fait passer d'une critique de la société à une lueur d'espoir (la fin de cette course contre la montre). S'enchaînent Mes années quarante, J'ai pas dit mon premier mot et Comment tu fais (un beau duo avec Judi Richards), trois pièces qui font en quelque sort de bilan de sa quarantaine et de sa paternité récente.

Un petit plaidoyer sur le 11 septembre puis c'est Wasichu qui parle du traitement réservé aux amérindiens par l'homme blanc. Toujours engagé socialement dans ses chansons, il nous fera aussi G7, une de ses chansons fétiches en rappel à la fin de la soirée. En deuxième partie, il reprend Le retour (ou If) qui est basé sur un texte de Kipling, mis en musique par Bernard Lavilliers. L'Abc d'un Adieu met la foule à contribution avant de se lancer dans le superbe Blues du courrier de Sylvain Lelièvre, maître à penser, grand frère et collaborateur de Mario (et de tellement d'autres créateurs québécois). Finalement, la Lettre à Lelièvre offerte par Mario était peut-être ce fameux courrier que Sylvain attendait tous les matins avant de commencer sa journée.

Il finit ce chaleureux spectacle avec une vérité toute simple, C'est plus facile de faire des petits que de faire des grands et finalement il nous prouve qu'il a Le coeur à' bonne place, quoi qu'en dise le texte de la chanson.

Mario Chenart, c'est un talentueux musicien, l'un des meilleurs guitaristes que je connaisse, un auteur de talent qui sait chercher le fond des choses et le mettre en lumière. Ses musiques folk rock enrobent bien les textes pour les mettre en valeur et non les écraser. Il sera de retour au Petit Medley les 29 et 30 octobre prochains, venez découvrir le talent de cet auteur compositeur bien de chez nous.

La charmante Judi Richards et Mario pour la chanson Comment tu fais

Reportage
Mario Chenart à la PDA
Jeudi le 17 mars 2005


Le lauréat auteur compositeur interprète de l'année 1998 (pour l'album Boucler le siècle) reprenait le collier l'année dernière avec un premier album en 7 ans. Intitulé paradoxalement J'ai pas dit mon premier mot, Mario y faisait en quelque sorte le bilan du mitan de sa vie (la paternité, l'amour, la quarantaine, etc).

Depuis quelques mois, il présente le spectacle tiré de cet album, sans oublier quelques chansons de l'album précédent comme G7, La clé du temps perdu, Wasichu, Boule de cristal et Quand t'as parlé d'un enfant.

En fait, c'est la deuxième fois en quelques mois que je vois le spectacle de Mario et à chaque fois je suis ébahi de la dextérité de ce guitariste. Mêlant accords et percussions avec ses mains, il se sert même d'une fourchette pour aller chercher une sonorité unique.

En tournée (et ce soir), Mario est accompagné de Sylvain Audet à la basse, de Jean-François Gagné à la batterie et par le réputé trompettiste Charles Imbeau (Triplettes de Belleville, Loco Locass, Les Colocs).

Entre les textes philosophiques de Mes années quarante et de J'ai pas dit mon premier mot, il nous offre le Drop out, Le retour (If de Kipling mis en musique par Bernard Lavilliers), C'est plus facile de faire des petits que de faire des grands, Chacun son rôle, Ca tombe bien et plusieurs autres. Pour remplacer Judi Richards qui lui donnait la réplique sur disque pour la chanson Comment tu fais, il a fait appel à Manon Lévesque, maintes fois lauréates de divers prix reliés à la chanson (Petite Vallée, Granby, etc). Sa performance était doublement réussie étant donné que sa voix grave ressemble à celle de Judi et se fond bien avec celle de Mario.

On assiste avec émotion à la lecture de sa lettre pour Sylvain Lelièvre, ami et mentor, décédé il y aura bientôt 3 ans. De plus, Mario nous a offert Le blues du courrier, une des belles chansons de Lelièvre. Après une vingtaine de pièces et deux rappels, Mario quitte la scène sous les applaudissements nourris de ce public qui apprécie le talent et le charisme de l'artiste. Excellent encore une fois !
Charles Imbeau...
le virtuose de la trompette
Mario Chenart... le virtuose de la guitare !

Mario était accompagné de la talentueuse Manon Lévesque pour interpréter Comment tu fais


Michel Parent